Courage et perspectives

Courage et perspectives

Je ne vois plus de courage et je ne parle bien entendu pas de courage politique, mais de courage tout court. Je ne vois plus d’ambition de la part de beaucoup de nos dirigeants, aucune grandeur. Je vois et j’entends sans cesse des responsables qui se plaignent de la crise, du manque de financement, du manque de perspective économique mais qui continuent à gâcher l’argent public par manque d’envergure, de projets sérieux et de stratégie à long terme. Des petitesses qui de lacunes en décisions sans perspective entraînent le pays vers une casse certaine. Ils prennent pourtant leur salaire chaque mois et ce n’est pas un smic. Il n’est plus question de faire des probabilités ; la mondialisation rend les choses bien plus complexes et bien plus mouvantes et il faut réagir car nous sommes un peuple de gens forts, instruits et capables. Mais nous sommes dirigés depuis trop longtemps par trop de nullités qui occupent les postes stratégiques et gangrènent toute notre société par leurs mauvais exemples, leurs erreurs, leurs défaillances, leurs magouilles qui lorsqu’elles sont découvertes et rendues publiques sont bien rarement punies au point que le serait la plus petite bévue d’un simple citoyen.

Philippe Raybaudi


PS : Voici ci-dessous un très beau texte, Regards sur le courage, écrit par Alain Ballot, le 18 mai 2013

Regards sur le courage

S’il est une qualité que la vie éthique requiert au premier chef, c’est sans nul doute celle du courage, ce courage qu’Aristote considérait comme « la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres ».

Et, en effet, combien de bonnes intentions ne se sont-elles pas fracassées devant la peur de s’exposer, de rompre le lien qui nous liait aux autres ! Combien d’ambitieux programmes annoncés ou longuement médités ne se sont-ils pas émoussés, érodés à force de lassitude ! Car le courage est tout cela à la fois : geste inaugural du commencement, domination de la peur de s’exposer, affirmation spontanée de sa liberté mais également fidélité continuée à ce mouvement premier, traversée solitaire dans la lutte contre le découragement.

Il a contre lui tous les renoncements du quotidien, toutes les ressources de la mauvaise foi et de la fuite. Réservons-nous pour d’autres enjeux plus déterminants que cette intervention en réunion, que cette défense d’une collègue injustement malmenée devant nos yeux par un chef irascible et injuste, que cette aide qui, de toute façon ne changerait rien. Ou si peu. Tout cela n’est pas si grave ! Qui pourrait raisonnablement vous faire grief de ne pas vous dresser contre tout, de ne pas toujours lutter ? Il faut hélas être raisonnable ; vous ne pouvez prétendre jouer le rôle de justicier universel. D’être présent sur tous les terrains. Et c’est ainsi que de renoncements raisonnables en renoncements explicables, vous voici devenu, sans y prendre garde « le passager clandestin de votre absence de morale ».

Tout cela a un prix mais l’aviez-vous pesé ? Vous étiez là avec vos intentions si belles, si pures, si peu analysées. Il leur a manqué l’action d’éclat qui eût montré à tous qui vous étiez. Et vous vous êtes érodé imperceptiblement dans l’insignifiance de vos renoncements. Jour après jour dans cette perte d’estime quotidienne à l’égard de vous-même. Voici qu’étrangement vous ne vous reconnaissez plus. « La vie n’est pas courte mais le temps est compté » disait Malek Jan Nemati. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Et pourtant, vivre ses intentions et exprimer, sinon le bien mais au moins le souhaitable, la compassion ressentie, la solidarité nécessaire, l’empathie vécue, est-ce si difficile ? Sommes-nous si souvent confrontés à l’impossible, au danger qui tue ?

Comme notre perception des risques me semble si souvent biaisée par la peur immédiate, par le manque de recul par rapport à l’événement ! La peur est nécessaire, utile, protectrice mais le premier mouvement passé en appelle un deuxième. Penser le courage, c’est également penser la prudence. Ce que mon éthique requiert, quelle est la manière la plus pertinente de l’engager ? Au delà du courage spectacle et fanfaron, ce que l’éthique exige le plus souvent c’est l’acte mesuré, adapté et efficace.

Votre collègue se fait harceler ? Évitez le sourire complice associé à la litote encourageante : « tu le connais ; au fond ce n’est pas le mauvais bougre ; ça n’ira pas plus loin ».

Ce que l’éthique exigeait, était-ce si difficile ? Un regard soucieux ; une non connivence. Peut-être, à l’occasion, un mot en tête à tête à l’issue de l’événement : « tu y es allé un peu fort avec Gérard. À la limite du harcèlement… Cela peut être mal interprété… » Vous n’aviez pas osé le reproche scandalisé devant tout le monde… Très dangereux ! Mais était-ce déjà nécessaire ? Poser une pierre ; contribuer à une prise de conscience, déplacer la perception du danger, n’était-ce pas utile ? Approprié au moment ? Moins risqué sans doute que l’apostrophe enflammée ; mais pourquoi vous reprocher d’être stratège, créatif s’il s’agit de rester fidèle à vous-même ? Et que le but soit atteint.

Car tel est bien le but ; que le courage devienne en nous un réflexe face aux défis qui sont placés sur notre route pour nous permettre de grandir. Il n’y a pas de secret ; son apprentissage est dans l’acte, en commençant par les plus modestes. Son exercice est sans échec puisqu’il est, en lui-même une réussite pour soi et pour les autres. D’emblée, il vous fait sujet, agent de votre propre vie et c’est alors que votre exercice, ouvre la voie, par son exemplarité, à l’exercice de tous.

Vous le sentez bien ; le monde d’après le courage n’est pas le même que celui d’avant.

Alain Ballot

Source : https://www.e-ostadelahi.com/eoe-en/perspectives-on-courage/

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