Entre nature préservée et comportements de sauvages…

Entre nature préservée et comportements de sauvages…

Puy-le-Haut : Retour aux sources de la vie !

Lorsqu’en 1984, à l’âge de 24 ans, je rachetais l’ancien « Four banal » de Puy-le-Haut à mon grand-père, j’avais une idée derrière la tête. Cette petite maison de montagne, dans ma famille depuis les années 50’, avait été le terrain de jeu des grandes vacances d’une enfance heureuse : Je souhaitais préserver ces souvenirs et prévoir ma lointaine retraite en ce lieu.

En fait, la vie en a décidé autrement et en 1995, à mon retour de 5 années à l’étranger, je décidais de m’éloigner du tumulte des villes pour m’installer dans ce coin charmant, calme et isolé du Massif de l’Oisans. Je souhaitais vivre au cœur de cette nature si douce à la belle saison et si coriace en hiver ; une nature toute puissante qui vous force à mettre les priorités de l’existence à leur bonne place et vous contraint à un comportement plus réaliste.
Sur un plan humain, ces conditions liées à cet environnement difficile à cette altitude, vous obligent à entretenir des relations plus justes, plus profondes, plus solidaires avec les autres habitants de ces contrées montagneuses. Je redécouvrais ainsi, petit à petit, l’essence même des valeurs que nous perdons dans le tourbillon de l’accélération exponentielle du rythme et des troubles inhérents à la vie en ville. J’ai vécu à Paris et dans d’autres capitales, je sais de quoi je parle !
Aussi, en cet été 1995, à l’âge de 35 ans, quand je m’installais définitivement à Puy-le-Haut, j’avais décidé de rompre complètement avec cette première période de ma vie et je m’apprêtais à m’engager sur une nouvelle voie. De fait, il régnait ici une ambiance sereine, propice à une existence sans agression technologique exagérée, sans bruit, sans pollution, sans comportement dérangeant et les récentes restaurations de quelques ruines du hameau, venaient d’importer quelques nouvelles familles dont les membres forts sympathiques ne tardaient pas à devenir d’excellentes relations de voisinage. Tout semblait conforter mon sentiment que cet endroit portait en lui quelque chose de magique qu’il fallait protéger absolument !

Puy-le-Haut : Entre nature préservée et comportements de sauvages…

Ce coin de paradis, au microclimat si spécifique et aux conditions de vie si dures (mais tellement appréciables) ne tardait donc pas à attirer la curiosité et la convoitise ; il semblait inévitable de toute façon qu’il en soit autrement. Les cadences imposées par la vie professionnelle et le modernisme ne pouvaient pas créer d’autres réactions que celle d’un retour aux sources, de la part de personnes de plus en plus nombreuses qui souhaitaient s’éloigner, de temps en temps, de ces foyers de problèmes, parfois insupportables, que constitue la vie en grandes agglomérations. La situation de Puy-le-Haut, en bordure du Parc des Écrins et au cœur d’une région hautement touristique accentua rapidement ce phénomène et le hameau ne compte presque plus aujourd’hui de ruines, et c’est très bien ainsi. La seule chose qui n’a pas changé en 20 ans, est que je suis toujours seul à vivre ici à l’année avec ma famille : Les autres habitations étant simplement des résidences secondaires, ce qui est bien dommage !
En effet, si la solidarité et les relations cordiales, voire amicales, sont bien établies entre le village du Freney d’Oisans et ses hameaux (dont Puy-le-Haut fait partie), il est clair que vivre en Oisans constitue un choix souvent subi (et parfois choisi comme c’est mon cas) qui forge les caractères et les ressentis des résidants (pour ne pas dire “résistants”). La présence notable des résidences secondaires et des logements locatifs est un élément important dans la vie sociale et économique du village mais il est de fait que les sédentaires, dans leur majorité, ne souhaitent pas que la politique d’aménagement et d’équipement du territoire soit focalisée exclusivement sur cette présence aléatoire de touristes et d’habitants saisonniers. Le Freney d’Oisans et surtout ses hameaux n’ont pas vocation à mettre en œuvre les mêmes moyens et les mêmes services qu’en stations de ski même si le souhait de chacun est de vivre le mieux possible avec l’aide de la puissance publique pour améliorer le confort, la sécurité et la qualité de vie de tous. Et même si le projet de liaison par télécabine avec Mont-de-Lans depuis l’ancien camping et le projet immobilier qui va de pair sont très probablement (de part leurs envergures) de bonnes idées sur le long terme et pour les générations futures.

Et c’est là que l’augmentation saisonnière de la population de Puy-le-Haut avec l’évolution inévitable des mentalités et des mœurs a conduit à certains débordements.
Je ne reviendrais pas aujourd’hui sur les agissements de cette personne qui a tenté d’imposer peu élégamment sa pratique du naturisme (malgré les réprobations du voisinage et la présence de nombreux jeunes enfants), mais je souhaite tout de même m’élever fermement contre ce laisser-aller ambiant qui s’est insidieusement installé depuis quelque temps avec de fâcheuses situations comme cette toute dernière où les trois véhicules d’une même famille ont subi des dégradations volontaires. On voit bien là que le climat change dans des proportions inacceptables ! Cela dit, ma modeste expérience de vingt années sur place et ma formation de sociologue me permettent d’émettre quelques pistes dans l’apparition de cette ambiance délétère dont je subis, en première ligne et presque continuellement, les effets…
Depuis quelques années, je m’évertue à être non pas un emmerdeur ou un empêcheur de tourner en rond (comme certains le pensent) mais plutôt un « lanceur d’alertes » ; c’est un terme aujourd’hui à la mode 😉

Un lanceur d’alertes est une personne qui tente de mettre en évidence certains problèmes dans un esprit civique et pour le bien public et c’est ce que je fais, à la fois pour les autres et bien entendu pour préserver le cadre tranquille dans lequel je suis venu vivre. Il peut également agir, dans l’intérêt général, rendre service, surveiller discrètement les habitations et les biens d’autrui, entretenir les abords ou certains équipements collectifs, etc. Et c’est ce que je fais également. Quelques exemples vont éclairer mon propos :
– Il y a des années, plusieurs départs de feu de broussailles ont été circonscrit par mes soins en attendant l’arrivé des pompiers,
– J’ai signalé à deux reprises des cambriolages,
– J’ai évité une bonne dizaine de fois de probables « visites » de maisons ou des dégradations en signalant aux gendarmes la présence de véhicules suspects ou des attitudes tout à fait significatives,
– J’avertis les propriétaires lorsqu’un problème survient sur un de leurs biens (dégât des eaux, toiture endommagée, arbres arrachés, etc.),
– Je me suis opposé personnellement plusieurs fois à des comportements inacceptables (traversées rapides de véhicules dans le hameau, stationnement anarchique empêchant le passage des engins de secours ou de déneigement, abandons d’encombrants ou de déchets dangereux en pleine nature, feu de camp et camping sur des propriétés privées, vols de bois de chauffage coupé et entreposé, coupes sauvages d’arbres, dégradation de ruines, vols de fleurs, de légumes, de fruits et d’arbustes dans les jardins privés, chiens errants, déjections humaines non dissimulées, local à ordures ménagères confondues avec la déchetterie, etc.) J’en passe tant la liste ne cesse de s’accroître et je vous fais grâce des détails concernant les noms d’oiseaux que je ne manque pas d’entendre en pareilles situations,
– Je signale aux services compétents (commune, EDF, Télécom, DDE, Garde-chasse, ONF, etc.) tout dysfonctionnement dans les installations publiques, toute chute d’arbres ou de pierres sur les chaussées, tout risque pour la sécurité, etc. Ceux qui viennent ici en vacances ou en week-end n’ont souvent pas du tout conscience de ce qui se fait (toute l’année, 24h24) pour qu’ils puissent passer de paisibles et agréables congés dans leur location ou résidence secondaire.

Alors de grâce ! Je souhaiterais que tous les visiteurs (propriétaires ou locataires) se comportent dans le cadre des règles élémentaires de savoir vivre, de comportements citoyens et de bons sens (rapport aux conditions de vie en montagne), de tolérance et dans le respect des différences et des autres.
C’est déjà ce que font naturellement beaucoup de familles, mais il suffit d’un ou deux cas particuliers pour que la paix soit compromise.
Ce n’est pas aux habitants permanents de supporter les débordements de certains qui viennent se défouler et profiter sans partage et sans respect de ces havres de paix que constituent (heureusement encore) de nombreux petits coins de notre beau pays.
Par ces quelques lignes, j’espère avoir retenu toute votre attention pour que cet environnement puisse continuer à vous profiter librement autant qu’à nous et c’est en cela que le respect, l’accueil et l’entraide des montagnards ne doivent pas être dans un seul sens. D’autant que si certains viennent se reposer ou en vacances, ceux qui vivent ici toute l’année ne peuvent supporter trop longtemps (et trop souvent) des comportements antisociaux ou d’assistés. L’hiver en montagne il y a de la neige ; mettez donc des pneus adéquats et achetez des chaînes car si vous êtes en vacances, d’autres travaillent et souhaitent circuler librement (c’est un exemple parmi tant d’autres)

Il est donc aujourd’hui nettement remarquable dans la vie de notre village que la pression est montée d’un cran et je préciserais qu’à mon sujet la patience et la résistance sont arrivés à la limite du supportable…
Aussi, j’espère ne plus avoir à entendre que certains n’ont pas le temps de déposer leurs déchets dans les containers de la commune (devant lesquels ils sont obligés de passer) sous prétexte qu’ils sont en vacances ou que d’autres se garent n’importe où sous prétexte qu’ils n’ont pas de place devant chez eux ; faire 200 mètres à pieds n’a jamais tué personne (bien au contraire) et je précise justement à ce sujet que nous avons demandé à ce que la petite surface plate à l’entrée de Puy-le-Haut (après le local à poubelles et à l’embranchement du chemin de Cluy) soit libre en permanence pour la circulation des véhicules personnels, de chantier, des pompiers, des chasseurs, du service de déneigement et l’atterrissage des hélicoptères de secours en cas de besoin (comme ce fut le cas l’année passée) ; un dossier a d’ailleurs été déposé en mairie.

Philippe Raybaudi

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